Les indicateurs techniques en bourse

 

Utilisez-vous des indicateurs en bourse ? Avez-vous besoin de tel ou tel indicateur pour rentrer ou sortir de vos positions ? Par indicateur, j’entends indicateurs techniques tels que Macd, Rsi, Ichimoku, stochastique….Nous allons voir dans cet article illustré d’exemples comment les utiliser et comment ne pas en abuser !

Bonne lecture !

Un indicateur technique en bourse, c’est quoi ?

L’analyse technique :

 On entend souvent parler d’analyse technique et d’analyse fondamentale. Ces deux approches sont souvent opposées alors qu’elles sont plutôt complémentaires. L’analyse technique prend en compte l’évolution du cours de bourse d’un actif à travers un graphe. L’analyse fondamentale prend en compte des paramètres plutôt liés à la santé financière d’une entreprise (Chiffre d’affaire, dette, bénéfice net, marge, PER…).

En général, quand les fondamentaux d’une entreprise sont bons, son cours évolue à la hausse ! Mais la corrélation n’est pas aussi évidente, il y a aussi une question de timing. Une société cotée en bourse a beau avoir de bons fondamentaux, son cours ne va pas forcément s’envoler du jour au lendemain ! Cela peut prendre un certain temps.

L’indicateur technique :

L’indicateur technique est un outil très souvent utilisé par les investisseurs en bourse qui s’intéressent à l’analyse technique pour essayer de « timer » le marché. Le bon timing c’est acheter et vendre au bon moment.

L’indicateur technique ne permet pas de prévoir l’évolution future des cours de bourse (sinon on serait tous milliardaires), il donne des signaux. Ces signaux nous permettent d’évaluer si une configuration est plutôt propice à l’achat ou à la vente.

La bonne unité de temps :

L’unité de temps est toujours un élément très important quand on investit en bourse. Quel que soit l’indicateur utilisé, il peut donner des informations contradictoires en fonction des unités de temps. Par exemple, un indicateur peut vous donner des signaux d’achat en journalier et des signaux de vente en unité hebdomadaire. Il est donc primordial de choisir la bonne unité de temps et de la conserver jusqu’au bout dans ses décisions. Quand on achète sur signal d’un indicateur en hebdomadaire, on ne revend que sur un signal en hebdomadaire ! Pas sur un signal en journalier…ou autre.

Les faux signaux :

Les signaux donnés par les indicateurs ne fonctionnent pas à tous les coups. Rien d’étonnant, en bourse, on le sait, rien ne fonctionne dans 100 % des cas.

En fait, tout dépend des conditions de marché. Quand les marchés sont en bull run comme ces derniers mois, les signaux à l’achat ont de grande chance de se concrétiser par un gain. Dans des périodes de marché évoluant à plat, les mêmes signaux ont de grandes chances de vous mener nulle part.

Quel indicateur technique utiliser ?

C’est là que les choses se compliquent ! Parce que des indicateurs, il y en a…énormément. Vous pouvez même élaborer les vôtres. Alors lequel choisir ?

Je ne vais bien sûr pas tous les passer en revue. RSI, MACD, ICHIMOKU, ATR, ADX, …

Vous trouverez un tas d’information sur tous ces indicateurs, leur fonctionnement, leur mode de calcul par exemple ici.

Mais cela ne vous avance pas plus quand au choix. Certains préféreront les oscillateurs, d’autres les moyennes mobiles, d’autres les indicateurs de tendance comme l’ADX. Mais ce qui est sûr, c’est qu’ il n’y a pas d’indicateur miracle !

Certains d’entre vous utiliseront des combinaisons d’indicateurs. J’ai pratiqué cela pendant plusieurs années. Le problème est qu’à trop combiner les indicateurs, on finit pas se perdre dans les contradictions. Par exemple, lorsque l’un de vos indicateurs vous dira d’acheter et l’autre de vendre. Que faire ? Et surtout comment prendre une décision quand on à affaire çà ce type de graphe :

un exemple de graphe surchargé en indicateurs
Comment s’y retrouver parmi autant d’indicateurs?

Faire simple :

Plus vous vous compliquerez la vie, plus vous surchargerez et moins vous arriverez à prendre des décisions et à tenir votre stratégie dans le temps. En fonction de vos humeurs, de vos émotions, vous aurez tendance à privilégier tel ou tel indicateur. Le résultat est très souvent une dérive de votre stratégie initiale.

 Si vous choisissez de travailler avec un indicateur, les signaux doivent être le plus clair possible. Dans l’idéal, le signal ne doit pas être repeint lors de l’unité de temps suivante. Une fois le signal affiché, vous devez savoir exactement quoi faire, sans hésitation.

Travailler sur plusieurs unités de temps :

Plus vous travaillerez sur de grosses unités de temps, moins vous aurez de signaux et de faux signaux, donc moins de déchets. Il est important d’avoir une vision sur différentes unités de temps avant de prendre une décision. Les grosses unités de temps définissent les grandes tendances, les unités moyennes permettent d’affiner. Cela permet également d’éviter l’anticipation. Si par exemple en hebdomadaire les signaux ne sont pas à l’achat, mais que votre indicateur vous donne des signaux d’achat en journalier, mieux vaut attendre. Il est préférable que les planètes soient bien alignées !

Comment utiliser les indicateurs techniques ?

Exemple d’utilisation basique :

Nous allons choisir l’indicateur RSI par exemple qui est très connu. Une utilisation basique consisterait à acheter quand le RSI est en zone de survente (inférieur à 30 par exemple) et à vendre en zone de surachat (supérieur à 70). Si vous faites le test, vous allez vite vous rendre compte que cela ne marche pas tout le temps ! Par exemple, en appliquant cette méthode à un titre qui développe une tendance haussière, vous allez très certainement vendre beaucoup trop tôt.

un RSI supérieur à 70 ne veut pas forcément dire qu'il faut vendre
Un RSI qui sature à la hausse n’est pas forcément un signal de vente!

Les signaux d’achat ou de vente ne fonctionnent donc pas à tous les coups. Tout dépend des conditions de marché. Dans un marché en range, si nous utilisons un stochastique par exemple, on peut obtenir de bons résultats, comme le montre le graphe ci-dessous. Le principe est d’acheter lorsque le stochastique croise son signal à la hausse et inversement pour la vente. Comme vous pouvez le voir, les flèches vertes (achat) et rouges (vente)  sont plutôt en phase sur le graphe et au niveau de l’indicateur.

indicateur stochastique en phase de range
Utilisation du stochastique en phase de range

Mais dans un marché en tendance, il en sera tout autre!

Méfiez-vous donc des vendeurs d’ indicateurs miracles qui vous donnent 100 % de bons signaux dans toutes les situations de marché.

Exemple d’utilisation plus élaborée : les divergences

Il est possible d’utiliser le RSI (comme les autres indicateurs) de différentes manières. L’observation des divergences est un bon exemple . On a une divergence haussière quand les cours font des bas de plus en plus bas alors que l’indicateur affiche de son coté des bas de plus en plus hauts. Une divergence haussière précède souvent un retournement à la hausse des cours. Ce genre de situation n’arrive pas tous les jours mais fonctionne plutôt bien. L’idéal est d’avoir 3 points de divergence.

exemple de retournement suite à divergence haussière
Divergence haussière

Il existe aussi des divergences baissières pour lesquelles tout est inversé : des plus hauts de plus en plus hauts au niveau des cours et des plus hauts de plus en plus bas au niveau de l’indicateur. Ce type de divergence précède souvent un retournement à la baisse des cours.

retournement baissier suite à divergence baissière
Divergence baissière

Bien sûr, cela ne marche pas à tous les coups. Libre à vous de trouver d’autres utilisations, il en existe autant que vous le souhaitez, ou presque. Vous noterez qu’il est toujours plus facile de détecter des configurations sur des situations passées que dans le présent.

Les inconvénients de l’utilisation d’indicateurs techniques en bourse

Les investisseurs pensent souvent à tort que les indicateurs prévoient l’évolution des cours de la bourse. Pas du tout ! J’entends et je lis souvent par exemple : « les cours de l’action X ont coupé la MM150 à la hausse, j’achète ! ». Pas dans tous les cas malheureusement. Vous pouvez si vous avez quelques minutes vous amuser à faire vos tests ici. Quand tout ne se passe pas comme prévu la tentation est grande d’essayer autre chose.

La suite, vous la connaissez, qui dit changement d’indicateur, dit changement de stratégie. Au final, retour à la case départ. et cela peut durer très longtemps car il existe un très grand nombre d’indicateurs.

Beaucoup d’investisseurs restent donc coincés à cette étape qui consiste à trouver l’indicateur miracle qui va les faire gagner en bourse. Certains n’en sortent jamais.

J’ai moi-même passé quelques années à jongler entre tel ou tel indicateur. Mes résultats étaient d’ailleurs plutôt du style oscillateur à l’époque ! Je gagnais pendant quelques mois avant de tout reperdre…etc. Classique.

Quel que soit l’indicateur utilisé, il faut être conscient qu’il y aura des faux signaux. Si la stratégie développée repose sur les signaux donnés par un indicateur, il faut donc rester confiant, y compris pendant les mauvaises périodes. Vous le savez, les biais psychologiques veillent au grain. Il peut donc arriver dans ces périodes de doute à l’investisseur de ne pas suivre ce que dit l’indicateur, pourtant base de sa stratégie, parce qu’il a entendu une info qui remet tout en question ! 

Peut-on se passer des indicateurs techniques en bourse ?

La réponse est oui. C’est ce que je fais depuis quelques années. Sur mes graphes, je n’utilise que des traits (cf article tendance). L’idée est d’avoir quelque chose de très épuré afin d’avoir le moins d’informations parasites. Uniquement le cours de l’action. Est-elle en tendance haussière ? Oui ou non . Point barre. Que le RSI soit à 50, à 70…le MACD sous sa ligne de signal…peu m’importe. Au fil des années, je me suis rendu compte que les indicateurs me desservaient plus que l’inverse. J’ai donc préféré revenir à des choses plus simples. Mais vous le savez, je ne m’intéresse qu’aux tendances haussières, pas aux autres phases de marché afin de simplifier au maximum. C’est mon choix.

Analyse technique sans indicateur
Graphe épuré

Si vous tournez en rond depuis un certain temps, au lieu de vous demander si l’ indicateur que vous utilisez est le bon, demandez-vous plutôt si vous avez vraiment besoin d’un indicateur pour prendre vos décisions.

Méfiez-vous des évidences et de l’apparente facilité à utiliser tous ces outils, voire de les superposer. La convivialité, l’ergonomie est une chose, l’efficacité en est une autre!

Conclusion

Indicateur ou pas indicateur, telle est la question ! Pas de solution radicale, nous l’avons vu, encore moins de solution miracle ! La solution pour gagner en bourse n’est pas dans de choix de l’indicateur miracle. Elle est plutôt cachée quelque par bien au fond de votre tête ! C’est d’abord votre manière d’appréhender les phases de marché qui fait toute la différence. S’il suffisait d’utiliser un indicateur pour gagner en bourse par tous les temps, tout le monde le ferait. Cela peut aider, mais ça n’est en aucun cas suffisant. Les conditions de marché changent, il faut l’accepter. Vous devez donc en tant qu’investisseur être capable  de vous adapter, d’ être très patient, ou les deux (encore mieux) ! Car malheureusement, même votre indicateur favori ne pourra pas faire tout cela à votre place.

N’hésitez pas à partager cet article !

Vous voulez tester la stratégie Mensuelle ? Inscrivez-vous !

A bientôt

Laurent

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
26 − 4 =