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Est-il possible de devenir rentier grâce à la bourse ?

 

C’est certainement une question qui vous a traversé l’esprit un jour ou l’autre, si vous investissez une partie de votre argent en bourse. Est-il possible de devenir rentier grâce à la bourse ? Quels sont les ingrédients pour y parvenir ? Faut-il tout mettre en bourse ? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

Je vous souhaite une bonne lecture

Les ingrédients pour espérer devenir rentier grâce à la bourse 

Il y a des ingrédients incontournables pour espérer dégager une rente d’un placement quel qu’il soit. Quand on parle de bourse, un capital de départ, un apport mensuel (ou pas) et une durée d’investissement (et beaucoup de patience!) sont nécessaires.

Ces composantes ont un rôle plus ou moins prépondérant dans le résultat final. C’est ce que nous allons voir ici en regardant quelle est l’incidence de chacune de ces composantes.

Concernant le rendement, nous allons faire simple et prendre comme rendement moyen du marché des actions celui de l’indice CAC40, soit 7 % par an environ.

Incidence de la somme investie au départ :

 

Capital de départ

Rendement

Rente mensuelle au bout de 20 ans

5000 euros

7 %

100 euros

10.000 euros

7%

200 euros

50.000 euros

7%

1030 euros

100.000 euros

7%

2060 euros

 

Tableau 1 : rente mensuelle calculée après imposition de 20 % (prélèvements sociaux sur les plus values) hors inflation, rendement constant de 7 % par an (rendement moyen du CAC40) sur la durée totale y compris durant la durée de consommation du capital (25 ans).

Incidence de la durée :

 Ci-dessous, la rente mensuelle espérée en fonction de la durée capitalisée :

 

Capital de départ

Rendement

15 ans

20 ans

25 ans

5000 euros

7 %

70 euros

100 euros

145 euros

10.000 euros

7%

150 euros

200 euros

280 euros

50.000 euros

7%

755 euros

1030 euros

1425 euros

100.000 euros

7 %

1510 euros

2060 euros

2820 euros

 

Tableau 2 : rente mensuelle calculée après imposition de 20 % (prélèvements sociaux sur les plus values) hors inflation, rendement constant de 7 % par an (rendement moyen du CAC40) sur la durée totale y compris durant la durée de consommation du capital (25 ans).

Incidence de l’effort d’épargne :

Si nous rajoutons un effort d’épargne de 100 euros par mois uniquement durant la phase de capitalisation (15, 20 ou 25 ans) :

 

Capital de départ Rendement 15 ans 20 ans 25 ans
5000 euros 7 % 250 euros 380 euros 560 euros
10.000 euros 7% 325 euros 480 euros 703 euros
50.000 euros 7% 930 euros 1311 euros 1840 euros

100.000 euros

7 %

1685 euros

2350 euros

3270 euros

 

Tableau 3 : rente mensuelle calculée après imposition de 20 % (prélèvements sociaux sur les plus values) hors inflation, rendement constant de 7 % par an (rendement moyen du CAC40) sur la durée totale y compris durant la durée de consommation du capital (25 ans).

Que constate t’on ? :

Pour une même durée investie, la rente finale est proportionnelle à la somme versée au départ (tableau 1). En gros 20 fois plus pour un investissement de 100.000 euros que pour 5000 euros, on s’en doutait un peu.

Si l’on rallonge la durée investie, on peut vite se rendre compte de la puissance des intérêts composés. La rente dégagée au bout de 25 ans est environ 40 % plus élevée que celle dégagée au bout de 20 ans (tableau 2)! Cette incidence est exponentielle et se décuple au fil des années.

Cet effet se ressent également pour l’apport mensuel (tableau 3) : 100 euros versés mensuellement se transforment en plus de 400 euros supplémentaires au bout de 25 ans. Pour une somme de 5000 euros investie au départ, cela fait tout de même 5 fois plus que la rente dégagée au bout de 20 ans sans apport mensuel ( 560 euros au lieu de 100 euros) !

On constate au final que la durée d’investissement a un impact majeur sur la rente finale dégagée, quelle que soit la somme investie au départ.

L’idéal est donc de mettre la machine en route tôt pour profiter de la force des intérêts composés .

Si l’objectif est de pour pouvoir vivre de ses rentes, un capital de départ et une durée minimale d’investissement sont nécessaires.

L’étude Trinity et la fameuse règle des 4 % :

Dans les exemples ci-dessus, nous avons fait l’hypothèse d’une consommation totale du capital pendant les 25 ans de versement de rente mensuelle et d’un rendement constant de 7 % par an pendant toute la durée (capitalisation + rente).

Bien sûr, nous le savons, les indices boursiers, même s’ils évoluent globalement à la hausse depuis plus de 150 ans ne dégagent pas des rendements réguliers.

Un investisseur qui aurait par exemple placé 100.000 euros sur l’indice CAC40 en 2000 ou 2008 aurait perdu plus de la moitié de son capital 2 ans plus tard.

Inversement, un investisseur qui aurait placé ces 100.000 euros en 2003 ou 2009 serait aujourd’hui propriétaire d’une belle somme !

Cela explique aussi qu’un investissement long terme se construise sur une durée d’au moins 15 ans, pour rebondir plus sereinement après les périodes de baisse.

L’étude Trinity :

En 1998, 3 professeurs de l’Université Trinity ont publié une étude (https://en.wikipedia.org/wiki/Trinity_study) dont l’objectif était de savoir s’il était possible de devenir rentier grâce à la bourse. L’étude conclut qu’un portefeuille composé d’actions et d’obligations a de très fortes probabilités de perdurer très longtemps à condition de ne retirer chaque année que 4 % du montant de ce portefeuille. Par exemple 20.000 euros de retraits par an pour un portefeuille de 500.000 euros.

Cette étude est basée sur des données financières comprises en 1925 et 1995, en considérant des durées de consommation du capital de 15 à 30 ans.

Un exemple de simulateur à votre disposition :

Si vous voulez faire une simulation de cette règle des 4%, vous trouverez ici un simulateur (traduction en français possible) : https://engaging-data.com/visualizing-4-rule/

Le principe de la simulation : L’outil intègre les données historiques depuis 1871 ! Sur une période encore plus longue que l’étude Trinity. Mais le principe est le même.

L’idée est de voir si pour un capital donné, une durée donnée de consommation du capital (durée de « retraite »), un type d’investissement donné (actions-obligations), les probabilités de ne pas cramer votre capital vous sont favorables ou pas ! Tout cela tient compte de l’évolution des marchés au fil des années, depuis 1871. 

Une fois de plus on se base sur des données passées.

Comment ça marche :

Renseignez votre âge, la durée de « retraite » , votre mode d’investissement (actions-obligations)

Dans ce simulateur le scénario 100 % actions développe un rendement de 6,7 % par an. Il s’agit de l’investissement dans un indice. Le scénario 100 % obligations développe 2,5 % de rendement annuel environ, ce qui correspond à peu près à un investissement sur du fonds euros.

Le simulateur vous retourne votre taux de réussite : la probabilité que vous auriez eu depuis 1871 de passer vos X années de retraite sans faire banque route.

Vous devriez constater que si vos dépenses par an n’excèdent pas 4 % de votre capital, votre taux de réussite est optimal.

Le dernier ingrédient, le rendement 

Depuis le début de cet article, nous avons fait l’hypothèse soit d’un placement sur un indice boursier (7 % en moyenne), soit d’un placement panaché indice-obligations (simulateur règle des 4%).

Si vous me suivez, ou si vous avez simplement parcouru mon site, vous savez que cela ne correspond pas à ma manière d’investir en bourse. Je n’investis pas sur un indice mais sur des titres en particulier en pratiquant le suivi de tendance sur une unité de temps particulière (plus d’infos ici).

Cette stratégie me permet de dégager en moyenne un rendement plus intéressant sur le long terme que celui de l’indice de référence (CAC40), même si les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs.

Pour quelques points de rendement de plus …

Si l’on imagine juste à titre d’exemple un rendement de 10 % au lieu de 7 % (tableau 3 pour mémoire), on obtient les résultats suivants :

 

Capital de départ

Rendement

15 ans

20 ans

25 ans

5000 euros

10 %

325 euros

550 euros

910 euros

10.000 euros

10%

436 euros

725 euros

1186 euros

50.000 euros

10%

1325 euros

2126 euros

3411 euros

100.000 euros

10%

2436 euros

3880 euros

6190 euros

 

Tableau 4 : rente mensuelle calculée après imposition de 20 % (prélèvements sociaux sur les plus values) hors inflation, rendement constant de 10 % par an sur la durée de capitalisation puis 7 % par an durant la consommation du capital (25 ans).

 

Capital de départ

Rendement

15 ans

20 ans

25 ans

5000 euros

7 %

250 euros

380 euros

560 euros

10.000 euros

7%

325 euros

480 euros

703 euros

50.000 euros

7%

930 euros

1311 euros

1840 euros

100.000 euros

7 %

1685 euros

2350 euros

3270 euros

 

Tableau 3 : rente mensuelle calculée après imposition de 20 % (prélèvements sociaux sur les plus values) hors inflation, rendement constant de 7 % par an (rendement moyen du CAC40) sur la durée totale y compris durant la durée de consommation du capital (25 ans).

La comparaison de ces 2 tableaux est assez parlante. Seulement 3 points de rendement gagnés ont permis de presque doubler la rente au bout de 25 ans. Si la durée du placement a un fort impact sur le capital final, le rendement joue également énormément.

L ‘idée de cette comparaison est aussi de vous montrer qu’il n’y a pas forcément besoin de viser des rendements extraordinaires pour espérer tirer une rente honorable d’un capital.

Devenir rentier et le rester en diversifiant les placements 

Nous ne savons pas de quoi demain sera fait. La bourse peut procurer des rendements intéressants, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un placement risqué !

Pas question donc de faire « all in » sur la bourse ! Partant en plus du principe qu’on ne doit investir en bourse que des sommes dont on n’a pas besoin dans l’immédiat, faire du « all in » n’est non seulement pas souhaitable, pas tenable, mais surtout pas nécessaire !

Par ailleurs, investir l’intégralité de son patrimoine en bourse sachant que temporairement on sera exposé à des baisses temporaires de 10 voire 20 % peut s’avérer compliqué. Cela ne sera tout simplement pas tenable émotionnellement pour le commun des mortels.

Combiner plusieurs solutions de placements est une solution plus raisonnable. Par exemple en associant  bourse, immobilier, or physique, art, et pourquoi pas une petite pincée de cryptomonnaies ? Les choix sont nombreux.

Le principe de base est juste d’éviter de mettre tous ses œuf dans le même panier en investissant dans des actifs décorrélés.

Conclusion 

Qui n’a pas rêvé de devenir rentier grâce à la bourse ? On s’est tous imaginé assis sur une chaise longue au bord de la plage, à attendre tranquillement que nos investissements progressent. Mais ça n’est pas si simple !

Devenir rentier uniquement grâce à la bourse, c’est possible, mais difficile, car cela prend un certain temps et demande une certaine discipline et quelques ingrédients incontournables.

Dégager une rente grâce à la bourse est réalisable, même avec un apport initial faible en s’exposant un minimum. Espérer en vivre est une autre histoire.

Les 2 plus gros leviers d’action sur un placement sont le temps (effet des intérêts composés) et le rendement du placement, sans forcément aller chercher l’impossible.

Quelle que soit la stratégie adoptée, nous avons vu qu’il valait mieux diversifier ses modes d’investissements et ne pas tout miser sur la bourse.

Un minimum d’ambition, beaucoup de patience, de la rigueur et un certain équilibre sont également des ingrédients essentiels à la concrétisation de vos aspirations à devenir rentier !

N’hésitez pas à partager cet article !

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A bientôt

Laurent